Lime : l’exemple du succès des trottinettes électriques


A Paris, inutile d’être propriétaire de sa propre trottinette électrique : Lime met à disposition des usagers toute une flotte d’engins en libre-service, moyennant un prix de location somme toute raisonnable.
Totalisant à ce jour plus de 2 millions de locations, l’entreprise se félicite d’un succès fulgurant. Toutefois, force est de constater que cette success-story est entachée de quelques déboires liés à l’incivilité de certains usagers. Trottinettes abandonnées n’importe où, conducteurs circulant sur les trottoirs, accidents dus à une mauvaise utilisation du véhicule… Autant de points noirs qui pourraient à terme pénaliser Lime.

Dans la ville de Paris, Bird, autre start-up offrant le même service attend en embuscade pour venir se positionner là où son concurrent pourrait faillir.

Comment chacune de ces entreprises entend pérenniser son modèle économique ? Les déboires liés à la circulation de ces engins ne pourraient-ils pas leur nuire ?

La location de trottinettes pour concurrencer tout type de transport en commun

Même si le concept est louable et son application remarquablement rapide et efficace, force est de constater que nombreux sont les habitants de Paris à se plaindre de la présence intempestive des trottinettes électriques dans les rues de la ville.

Les Vtc, tout comme les piétons et les automobilistes se plaignent des incivilités liées au mauvais usage des trottinettes Lime. « On en retrouve partout, même abandonnées couchées sur les trottoirs ! » En effet, trop souvent selon les dires des parisiens eux-mêmes, ces engins sont abandonnés dès que leur utilisation est terminée. Il suffit au client de stopper sa location par le biais de l’application, puis ce dernier peut laisser le véhicule où il veut.

C’est ainsi que la start-up s’est vue contrainte de régler une addition de près de 300 000 euros pour récupérer toutes ses trottinettes électriques ayant fini en fourrière à Paris.

Présente dans plus de 130 villes dans le monde, Lime, qui était dédiée à la location de vélos au départ, s’est vue contrainte d’accepter de régler des amendes dues au comportement plus que limite de ses utilisateurs. Même si l’entreprise entend durcir le cadre qui régit la prestation qu’elle propose, elle se retrouve aujourd’hui face à un casse-tête plutôt compliqué.

Des accords vont devoir être trouvés entre les villes et Lime pour ne plus avoir à dilapider autant d’argent de façon inutile.

C’est peut-être en éduquant et en contraignant les utilisateurs à ne plus commettre d’incivilités que l’entreprise pourrait ainsi redorer son blason. La loi sur la mobilité française a déjà posé les premiers jalons d’une réglementation stricte encadrant l’usage de trottinettes en ville, mais les efforts à déployer sont encore conséquents.

La trottinette électrique : solution ou fléau ?

Certaines en viennent à penser que les trottinettes sont à proscrire des centres-villes, tandis que de nombreux utilisateurs y voient une alternative au sempiternel transport en commun retenu par les travaux de voirie parisiens.

Paris et ses nombreux chantiers rendent la circulation infernale. Ainsi, la trottinette a la faveur de tous ceux qui ne supportent pas attendre et préfèrent se faufiler au milieu des bouchons (quitte à emprunter les trottoirs !). Il en est de même à Marseille et dans d’autres grandes villes où jusqu’alors, vtc et véhicules privés se partageaient la chaussée. Lors de notre enquête, plus d’un chauffeur Uber s’est plaint de la présence des trottinettes, compte tenu du risque d’accident qu’elles représentent. Les utilisateurs s’improvisent pilotes et tentent les pires slaloms, tandis qu’ils ne maîtrisent que partiellement leur véhicule.

Que faut-il en penser ?

Nombreux sont ceux à exiger la création d’un « permis trottinette électrique», permettant de s’assurer que le conducteur gardera le contrôle de son véhicule en toutes circonstances, tandis qu’il respectera les autres conducteurs (voiture, vélo, scooter, bus, etc.).

Quoi qu’il en soit, le propriétaire d’une trottinette électrique, même maître de son véhicule, est souvent mal vu à cause des utilisateurs des engins Lime. Il va donc devenir plus qu’urgent de trouver une solution à cet imbroglio citoyen et juridique, et ce pour le bien de tous.

Marseille a décidé de se passer de Lime…

La nouvelle a été annoncée ces derniers jours : Lime ne pourra proposer sa flotte de trottinettes électriques à Marseille.

La municipalité a opté pour un changement quant aux prestataires présents sur le territoire marseillais. Aujourd’hui, tout laisse à penser que Bird et d’autres loueurs sont en compétition pour savoir qui aura le droit de déployer son parc de véhicules électriques en location.

Il faut se souvenir que Lime et Marseille ont connu un désamour dès lors que de nombreuses trottinettes ont été retrouvées immergées dans le Vieux Port. Certes, ce point n’est pas imputable à Lime, mais de nombreuses associations se sont insurgées contre la pollution de l’eau qu’entraînent les batteries de ces véhicules. Même si les coupables sont à ce jour impunis, l’image de Lime s’en est trouvée ternie. Il ne reste qu’à voir si les autres loueurs souffriront des mêmes déboires… Affaire à suivre.